Asphalte 94 - Notre devise "Courir pour le Plaisir"

New-York, New-York

Hello Manhattan ceux qui vont courir te saluent
Le regard porté vers la dame des libertés
C’est le défi de leur vie  qu’ils viennent relever
Pour la reine des courses,  de partout ils sont venus
 
L’attente est longue au pied du pont Verrazano
A l’approche du départ, point de bavardages
Tous  se protègent de la froide brise du large
Et c’est transis, que l’on s’élancera bientôt
 
Au coup de canon c’est l’instant providentiel
Un frémissement se propage dans l’assemblée
Puis ce sont des cris de joie qui s’élèvent d’emblée
Quand les bateaux pompes lâchent leurs jets vers le ciel
 
Enfin la foule des coureurs se met en mouvement
Plus que  quelques mètres pour évacuer le stress
Je déclenche ma montre et m’élance en souplesse
Puis je me  délecte de cet inoubliable moment
 
Si sur le pont de Verrazano on y danse
Non ce n’est pas la musique qui fixe le rythme
Ni les cœurs qui suivent à l’envie l’algorithme
Ce sont les pas saccadés qui le  mettent en transe
 
On est portés par le flux chacun suivant sa ligne
Cap au nord, on laisse à notre gauche l’East river
Les flots parallèles de dossards orange, bleu et vert
Vont bientôt se rejoindre à l’entrée de Brooklin
 
Où sont Benoit et Nicolas autres Asphaltiens
Loin devant sans aucun doute ils m’ouvrent la voie
Poussés eux aussi par les supporters en joie
Qui battent des mains et crient comme des collégiens
 
A la mi-course, on aborde l’ile prestigieuse
C’est par Queensboro bridge qu’on atteint Manhattan
Dans la rampe c’est le souffle des coureurs en panne
Qui joue de concert une mélodie courageuse
 
Puis  quand on rejoint les berges c’est le choc
Foules en délire et orchestres déchainés
Jettent leurs décibels sur la first avenue,
Pour rester concentré je compte les blocs
 
Au trentième, le Bronx dresse son mur de violence
Chaque pas est une torture, courir devient supplice
Bien sûr, il ne tient qu’à moi que cela finisse
Mais c’est l’amour-propre qui force la cadence
 
Enfin  voici Central Park et ses longues allées
On glisse nos pas dans ceux de Jackie et autres gloires
Dont les ombres tournent encore autour du réservoir
Je foule l’ultime mile, celui dont j’ai tant rêvé
 
Et puis quelque chose s’emballe dans nos cœurs
Quand au loin on entend les clameurs s’élever
On ne court plus, on vole les douleurs sont oubliées
Et sur la ligne d’arrivée nous sommes tous vainqueurs        
 
Quatre heures et vingt minutes sur mon cadran
Pour relier Staten Island à l’illustre Manhattan
C’est un rêve  accompli, un défi relevé, je plane
Que dis-je, c’est un cap…  un accomplissement
Sheriff partage ta joie

Sheriff partage ta joie

  • Nicolas Buck, 2279ème  en 3h16'30", 435ème de sa catégorie, 127ème Français.
  • Philippe Doublet, 20977ème  sur environ 50 000 en 4h20’17’’, 319ème de sa catégorie, 1337ème Français sur 2576.
  • Benoît Etié, 10650ème  en  3h53’50’’, 1585ème  de sa catégorie, 669ème Français

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Guillaume 17/11/2016 21:07

Bravo Philippe pour tes talents de marathonien et de poete.

A te lire on se croit sur place et cela donne envie.....enfin pour ce qui me concerne tout voyage aux USA est exclu pour les 4 ans a venir.

Simone et Jean des Alpes 15/11/2016 00:46

On t'a vu!... Si,si...
Félicitations

BhelRM 14/11/2016 09:37

Quelle belle médaille de finisher !! Super CR si détaillé et superbe témoignage. A priori tu t'es fait plaisir. On dit souvent... finisher un marathon reste un exploit. Tu as couru le marathon mythique NY alors félicitation à toi Philippe D pour cet accomplissement sportif.
BhelRM

Philippe Delacroix 10/11/2016 09:22

Bravo Philippe,
Quel talent! C'est original et bien écrit ce type de CR. Bravo à vous tous pour ce marathon qui fait rêver tellement de marathoniens.
Philippe

Michel 08/11/2016 21:41

bravo Philippe, tu l"a voulu, tu t'y aies préparé et tu la vaincu ce marathon de NYC. Felicitations, on te lisant, j'y étais un peu aussi, le souffle moins coupé que toi tout de même. Si un jour, dans un lointain futur, tu décides d'arrêter la course à pied, tu pourras toujours te consacrer à l'écriture. Quelle plume, quel bon conteur tu feras.....à moins que ce ne soit déjà fait
amicalement
Michel

Nico KC 07/11/2016 23:14

Le défi d’une vie et des souvenirs à jamais. C’est vrai qu’après New York on plane et longtemps après l’atterrissage du vol retour. Sitôt la ligne d’arrivée passée on regrette presque que ce soit déjà fini, tant on a attendu cette course et qu’il faudra sans doute attendre quelques années pour y prendre part à nouveau. Et pourtant que c’est long de compter jusqu’à 60 (le nombre de blocs entre la sortie du Queensboro et l’entrée dans le Bronx) sur la 1e avenue ou de redescendre la 5e avenue pour enfin pénétrer dans Central Park. Félicitations à tous les 3, bravo à toi Philippe pour ton talent pour nous conter ta course en vers. Dommage qu’à priori (dossard vert) tu n’aies pas eu la chance de profiter du Verrazano depuis le pont supérieur.