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CONSEILS POUR LA PRATIQUE DE LA COURSE A TRAVERS LA CAMPAGNE

A l’occasion du Cross départemental couru au parc du Tremblay le 8 janvier dernier il a été agréable de constater un nombre élevé de participants du club. Ceux-ci ont rejoint les rangs des athlètes dits de course à travers la campagne suivant l’appellation ancienne. Nous avons pu constater que celle-ci était autant utilisée que celle de cross-country en consultant certains numéros anciens d’ATHLETISME, l’organe officiel de la fédération française d’athlétisme dans les années 1934-1935. Notre attention a été attirée notamment sur les « conseils aux débutants » rubrique répartie sur plusieurs numéros d’hiver et remplie de suggestions précises. Elles étaient rédigées par des spécialistes et par conséquent fort lues.

Nous ne résistons pas au plaisir de vous en donner quelques extraits qui devraient encourager certains nouveaux (et pourquoi pas certains anciens) à s’aligner sur ces épreuves. Il est intéressant de voir ce qui a été dit il y a un peu plus de quatre-vingts ans et ce qui reste d’actualité. Une sorte de concordance des temps pour ainsi dire :

« Pratiqué en compétition le cross-country est un sport très rude aussi ne convient-il de s’y livrer de façon sérieuse qu’après s’y être préparé par la culture physique… Si la course à travers la campagne vous attire n’hésitez pas à vous faire inscrire dans un club. Vous serez étonné si vous avez de la qualité des progrès que vous y réaliserez. Une chose est absolument nécessaire : il faut avoir, ce qu’on appelle vulgairement « le cœur bien accroché ». Nous avons connu certains coureurs doués de grandes qualités qui n’ont jamais brillé au premier rang des épreuves de cross-country parce que justement ils manquaient de cœur. Sitôt que survenait une difficulté quelconque ou que la défaillance commençait à se faire sentir, ils lâchaient immédiatement et se faisaient battre par des coureurs qui ne possédaient certainement pas leurs moyens … l’Athlétisme, livraison du jeudi 27 décembre 1934)

« Le crossman doit apporter les plus grands soins à son équipement. Les chaussures à pointes doivent toujours être employées à moins évidemment que le terrain soit gelé, dans ce cas les souliers à semelles de caoutchouc dits « bains de mer » doivent être utilisés … Ne jamais oublier de mettre dans son sac une serviette éponge, un morceau de savon, quelques bandes de toile ou Velpeau pour le cas où on serait dans l’obligation de se bander les chevilles, des lacets de rechange, du talc, de la vaseline, un gant de crin, de la mine de plomb pour mettre sous les chaussures lorsque le terrain est très lourd et collant… Nous voyons encore des débutants faire usage de poignets de liège, certains coureurs ont pourtant la manie de serrer quelque chose dans les mains ceci est complètement inutile. C’est ainsi que Jacques Keyser, 13 fois champion de France prenait toujours un bouchon de papier journal dans chaque main… l’Athlétisme du jeudi 10 janvier 1935)

« Le matin prendre un déjeuner frugal, ne chargeant pas l’estomac et sortir immédiatement pour se rendre à son travail. Après chacun des repas accomplir une promenade ce qui facilite la digestion…Le jour de la course il faut prendre son repas au moins trois heures avant le départ... Il y a lieu d’établir un menu léger mais malgré tout substantiel : par exemple des œufs sur le plat, une côtelette grillée, purée de pommes de terre très légère, fruits cuits, confiture...Il faut se coucher tôt et se lever de même. Les distractions saines ne sont pas à éviter et de temps à autre on peut fréquenter le concert, le cinéma et le théâtre ce qui coupe la monotonie de l’entrainement… » (L’Athlétisme du mercredi 16 janvier 1935)

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Angela 14/01/2017 13:06

Merci Christian pour ton soutien moral et l'accompagnement dans le jardin de l'Asphalt.
Sincerement j'ai eu le coeurl accroché ' mais pas assez les pieds!
Pour moi une bonne expérience que je doit encore l'accomplir.

Guillaume 13/01/2017 22:31

La course à travers la campagne, cela sonne tellement mieux aux oreilles que le cross country !

Merci Christian d'avoir exhumé ces articles rafraichissants. Il faudrait les faire connaître aux cuistres de la fédération qui ont osé transformer les vétérans en masters !

Christian 10/01/2017 20:36

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur jacques Keyser, treize fois champion de France de course à travers la campagne il avait un record personnel à un peu plus de 33 minutes sur 10 000 m, en 1908, ce qui situe la qualité de l'exemple cité dans le texte 25 années après. Ch.

Roger HELLENIS 10/01/2017 18:41

Eh oui, Christian, si "certains coureurs ont la manie de serrer quelque chose dans les mains", c'est qu'il y a une raison.
Par grands froids, lorsqu'il m'arrivait de courir sans gants dès potron-minet, je m'étais vite rendu compte que la main qui serrait, ne serait-ce qu'un mouchoir, ne subissait pas l'onglet alors que l'autre était gelée!
Dire que c'est inutile est la parole de celui qui n'en a pas fait l'expérience, or comme tu le sais, "l'expérience est une lanterne qui n'éclaire que celui qui la porte"...